Que sera demain ?
- Geneviève

- 2 déc. 2025
- 3 min de lecture

Depuis quelques semaines, je traverse ce que d’aucuns nomment la nuit noire de l’âme. Je rentre dans une période de transition me menant vers la retraite. Je devrais m’en réjouir mais cette perspective me confronte à une peur abyssale : celle du vide, du rien, de la fin.
J’accueille cette peur, je l’écoute pour comprendre son enseignement…et surtout j’accueille cette part de moi qui a toujours voulu agir, soutenir, révolutionner le monde pour plus de respect, d’entraide… cette part de moi qui est si triste et en total désaccord avec le changement qui s’opère sournoisement sous nos yeux : la solidarité entre les citoyens est malmenée au nom de la sacro peur de la dette et des conflits mondiaux.
J’ai beau avoir de nombreux projets, des idées par milliers, je ressens une tristesse profonde à quitter le navire FOREM et à le regarder partir au loin. Triste de ressentir autour de moi toute cette souffrance des personnes en fin de droits sociaux qui sont face à cette même inconnue que celle que j’ai sous mes yeux : que sera demain ?
Je vous partage mes petits gargouillis sentimentaux pour témoigner que les transitions de vie peuvent susciter de nombreux émois, rarement pris en compte par la société actuelle du « marcher droit », de la rentabilité et de cette sournoise invitation à sortir de notre zone de confort, comme si le confort témoignait de notre médiocrité ! Oooh comme j’ai du mal à entendre cette expression !!
Témoigner également que j’aimais mon métier surtout parce que j’avais la sensation d’être utile, de me sentir en lien avec un lieu, des collègues et des centaines de personnes qui, chaque semaine, poussaient les portes de nos services. La majorité des personnes que j’ai accompagnées pendant tous ces années était dans cette même recherche d’un emploi leur permettant d’œuvrer pour le collectif et de recréer des liens sociaux de qualité. Le chômage est souvent vécu comme une mise à l’écart, une immense frustration de ne pas participer au projet « société » C’est important pour moi de relayer cette souffrance car elle est peut mentionnée dans la presse ou sur les réseaux sociaux !
Enfin, j’aimerais partager ce que j’entends de plus en plus autour de moi, être l’écho de cette grande inquiétude des personnes qui, à l’heure du développement ultra rapide de l’intelligence artificielle, se demandent si leur métier ne va pas bientôt disparaître, qui se questionnent sur l’orientation à donner à leur vie surtout si elles sont spécialisées dans un domaine particulier, qui éprouvent une grande lassitude, surtout depuis le covid, à avoir plus de contacts avec une IA qu’avec des collègues en chair et en os ou via écrans interposés !
Elles aussi posent la même question : que sera demain ?
Je pars donc à la retraite en me disant que dans un an ou deux, peut être moins, tout le paysage professionnel que j’aurai connu pendant plus de 40 ans aura disparu : moins de sécurité sociale, moins de « travailleurs », moins de contacts sociaux…
Quelles valeurs transmettre à mes petits enfants ? Comment les aider à grandir si je ne sais pas comment sera demain ?
Me revient en mémoire une sagesse populaire qui dit : si tu ne sais pas où tu vas, regarde d’où tu viens.
Je remonte alors à mes premiers souvenirs et à ce livre que j’ai vraiment adoré : que ferais-je plus tard ? Un plaisir fou à imaginer, à me rêver infirmière, contrôleuse de train ou opératrice de production…
Ma source d’inspiration était donc cette même question : que sera demain ?



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